14/03/2025
Lutte contre le Coxage dans la Filière Cacao-Café au Cameroun : Rôle de l’État, des Institutions et de la Diaspora
Le cacao et le café sont des cultures stratégiques au Cameroun, représentant environ 15 % des recettes d’exportation et employant directement ou indirectement plus de 600 000 agriculteurs. Le pays est le cinquième producteur mondial de cacao avec une production annuelle de 290 000 tonnes en 2023, tandis que la production de café s’élève à environ 35 000 tonnes.
Cependant, la commercialisation de ces produits est perturbée par le coxage, un système d’intermédiaires informels qui empêche les producteurs de bénéficier pleinement des prix du marché. Pour contrer ce phénomène, l’État, les institutions spécialisées, les coopératives, la diaspora et même Son Excellence Paul Biya jouent un rôle essentiel.
1. Impact du Coxage sur la Filière Cacao-Café
Le coxage a des conséquences économiques importantes :
Baisse des revenus des producteurs : En raison du contrôle des Coxeurs, le cacao se vend parfois jusqu’à 30 % en dessous du prix fixé par l’État, réduisant les marges des agriculteurs.
Évasion fiscale : Le commerce informel prive l’État de plusieurs milliards de FCFA en recettes fiscales, limitant les investissements dans l’agriculture.
Qualité des produits compromise : L’absence de contrôle et de tri réduit la compétitivité du cacao et du café camerounais sur le marché international.
Manque de compétitivité : À titre de comparaison, la Côte d’Ivoire, ancien leader africain du cacao, fut un modèle pour le Cameroun.
2. Rôle de l’État et des Institutions Clés
Le MINCOMMERCE et la Régulation des Prix
Le Ministère du Commerce (MINCOMMERCE) est chargé de réguler la filière cacao-café en fixant des prix planchers.
Le MINCOMMERCE renforce également les contrôles sur le terrain pour lutter contre le commerce illégal.
L’ONCC et la Certification de Qualité
L’Office National du Cacao et du Café (ONCC) joue un rôle clé dans :
L’amélioration de la qualité des fèves destinées à l’exportation.
La mise en place de certifications permettant aux producteurs d’accéder à des marchés plus rémunérateurs (ex. cacao certifié UTZ, Rainforest Alliance).
En 2024, l’ONCC a contribué à la formation de producteurs sur les bonnes pratiques agricoles et la commercialisation.
Le CICC et la Défense des Producteurs
Le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café (CICC) défend les intérêts des producteurs en :
Négociant de meilleurs prix avec les acheteurs internationaux.
Encourageant la transformation locale pour augmenter la valeur ajoutée du cacao et du café.
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3. La COOP-CA-AEB : Une Coopérative Modèle contre le Coxage
La Coopérative des Agriculteurs et Éleveurs de Boundjou (COOP-CA-AEB), qui a une compétence régionale, est un acteur majeur dans la lutte contre le coxage en Haute Sanaga.
Plus de 1 500 producteurs affiliés bénéficient d’un accès direct aux marchés formels.
Grâce à la coopérative, les membres vendent leur cacao plus que ceux qui passent par les Coxeurs.
La coopérative bénéficie des formations sur la gestion agricole (PAD CACAO , GIZ, CICC, ANPCC etc... ) et des microcrédits pour éviter que les producteurs ne vendent sous pression FINANCIÈRE (RENAPROVV)
4. Soutien du Chef de l’État, Son Excellence Paul Biya
Le Président Paul Biya a plusieurs fois affirmé son engagement en faveur des agriculteurs :
Plan de relance agricole 2025 : un programme visant à moderniser les infrastructures et soutenir les coopératives.
Construction de routes rurales pour faciliter l’acheminement des produits vers les marchés officiels.
Encouragement de la transformation locale pour limiter l’exportation brute de cacao et café.
En 2022, 10 milliards de FCFA ont été alloués à la modernisation des infrastructures agricoles.
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5. L’Implication de la Diaspora Camerounaise
La diaspora camerounaise, estimée à plus de 5 millions de personnes, peut jouer un rôle clé dans la restructuration de la filière cacao-café.
Comment la diaspora peut s’impliquer ?
1. Investir dans des coopératives agricoles :
Financer des projets comme COOP-CA-AEB pour augmenter la capacité de stockage et la transformation locale.
2. Créer des entreprises de transformation :
Moins de 15 % du cacao camerounais est transformé localement. La diaspora peut investir dans la production de chocolat local et de café torréfié, ce qui augmenterait les revenus des producteurs.
3. Mettre en place des plateformes d’exportation directe :
En connectant directement les producteurs camerounais aux acheteurs internationaux via des plateformes numériques, la diaspora peut éliminer le besoin de passer par les Coxeurs.
4. Former et accompagner les agriculteurs :
Les experts camerounais à l’étranger peuvent apporter des connaissances en gestion, digitalisation et financement.
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6. Recommandations et Perspectives d’Avenir
Pour éliminer définitivement le coxage et valoriser la filière cacao-café, les actions suivantes sont essentielles :
1. Renforcement des contrôles gouvernementaux pour s’assurer que les prix planchers sont respectés.
2. Soutien accru aux coopératives comme la COOP-CA-AEB, en facilitant l’accès aux financements et aux marchés.
3. Investissements massifs dans les infrastructures rurales pour améliorer le transport et le stockage.
4. Promotion de la transformation locale afin de limiter l’exportation brute et capturer plus de valeur ajoutée.
5. Implication active de la diaspora pour structurer un circuit commercial plus équitable et durable.
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Conclusion
Le coxage est un frein au développement de la filière cacao-café au Cameroun. Cependant, grâce aux efforts du MINCOMMERCE, de l’ONCC, du CICC, des coopératives comme la COOP-CA-AEB, ainsi qu’au soutien du Président Paul Biya et de la diaspora, des solutions concrètes sont mises en place. En appliquant ces stratégies, le Cameroun pourrait non seulement mieux rémunérer ses producteurs, mais aussi devenir un acteur incontournable sur le marché mondial du cacao et du café.