20/07/2026
𝗖𝗘𝗗𝗘𝗔𝗢 : 𝗹𝗲 𝗿𝗲𝗴𝗮𝗿𝗱 𝗱𝗲 𝗠𝗺𝗲 𝗞𝗮𝗱𝗶𝗮 𝗦𝘆𝗹𝗹𝗮 𝗠𝗼𝗶𝘀𝘀𝗼𝗻, 𝘂𝗻𝗲 𝗚𝘂𝗶𝗻𝗲́𝗲𝗻𝗻𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝗮𝘀𝗽𝗼𝗿𝗮, 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝘂 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗠𝗮𝗺𝗮𝗱𝗶 𝗗𝗼𝘂𝗺𝗯𝗼𝘂𝘆𝗮
Freetown, 19 juillet 2026-En prenant la parole devant la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le Président de la République de Guinée, le Général Mamadi Doumbouya, a marqué une étape importante de la diplomatie guinéenne. Il s'agissait de sa toute première intervention devant les dirigeants de l'organisation régionale depuis l'avènement de la Cinquième République, un discours qui a retenu l'attention bien au-delà des frontières de la Guinée.
Pour Mme Kadia Sylla Moisson, Guinéenne de la diaspora, cette intervention intervient à un moment décisif de l'histoire de la sous-région. Créée en 1975, la CEDEAO avait pour ambition de rapprocher quinze États autour d'un idéal commun : favoriser l'intégration économique, garantir la libre circulation des personnes, des biens et des idées, et renforcer la coopération politique entre les peuples ouest-africains. Au fil des décennies, l'organisation s'est imposée comme le principal cadre de dialogue et de coopération en Afrique de l'Ouest.
Cependant, cette ambition est aujourd'hui confrontée à de profondes mutations. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, désormais réunis au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES), constitue l'un des plus grands défis de l'histoire récente de la CEDEAO. Cette nouvelle réalité recompose les équilibres régionaux et soulève de nombreuses interrogations sur l'avenir de l'intégration ouest-africaine.
C'est dans ce contexte particulièrement sensible que le Président Mamadi Doumbouya a livré un message fort, centré sur la nécessité de privilégier le dialogue plutôt que les sanctions.
« Les sanctions ne sont pas la solution. Notre sous-région a trop souvent choisi la sanction comme premier réflexe, alors qu'elle devrait être le dernier recours. Sans hypocrisie, l'expérience nous enseigne, sans exception, que les sanctions frappent d'abord et surtout les enfants dans les salles de classe, les femmes dans les marchés, les hommes dans les champs et les ateliers. Elles privent les hôpitaux de médicaments de première nécessité. Elles vident les marchés des denrées indispensables. Elles suscitent et alimentent les trafics en tous genres. Elles pénalisent simplement les filles et les fils de la terre de nos ancêtres. Une communauté qui, pour corriger un État, appauvrit un peuple, s'éloigne de l'esprit même qui a présidé à sa création. Nos traditions africaines n'intègrent pas le principe de l'exclusion de l'enfant. »
Pour Mme Kadia Sylla Moisson, ce plaidoyer rejoint une conviction forgée au fil des années : une région ne s'intègre pas par la contrainte, mais par la confiance, le dialogue et la valorisation de son capital humain. Selon elle, l'histoire démontre que la stabilité durable ne peut être obtenue par des mesures qui fragilisent davantage les populations, mais par une coopération fondée sur l'écoute, la solidarité et la recherche de solutions communes.
Elle estime également que l'intégration régionale dépasse largement le cadre des institutions. Elle repose avant tout sur les peuples, leur mémoire collective, leurs savoirs, leurs récits et les valeurs qu'ils transmettent aux générations futures. Pour cette Guinéenne de la diaspora, une CEDEAO forte sera celle qui accompagnera ses populations au lieu de les isoler, en faisant du capital humain, de la culture et de la mémoire commune les véritables piliers de son développement.
À travers cette prise de position, Mme Kadia Sylla Moisson voit dans le discours du Président Mamadi Doumbouya un appel à repenser les mécanismes de coopération régionale afin de bâtir une Afrique de l'Ouest plus unie, plus solidaire et davantage tournée vers le dialogue que vers l'exclusion. Une vision qui, selon elle, rappelle que la vocation première de la CEDEAO demeure le rapprochement des peuples et la construction d'un destin commun fondé sur la paix, la stabilité et le développement partagé.