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Journal « Sud-Ouest » du 10 avril 1962
12/04/2026

Journal « Sud-Ouest » du 10 avril 1962

SABOTAGE ?Journal « La Presse » du 10 avril 1962Le plus grand quotidien français d’AmériqueSaint Just d’Ardèche (Reuter-...
12/04/2026

SABOTAGE ?

Journal « La Presse » du 10 avril 1962
Le plus grand quotidien français d’Amérique

Saint Just d’Ardèche (Reuter-AFP)
L’explosion qui s’est produite dimanche dernier dans une manufacture de munitions située à St Just dans l’Ardèche (France) a fait 18 morts. Trente autres personnes sont portées disparues et 13 ont été blessées.
Le bruit de la première explosion fut entendu à 36 milles de la (catastrophe).
À 15 milles à la ronde, les vitres des fenêtres ont volé en éclats. La police a refusé de dire si l’OAS avait fait ce mauvais coup. Toutefois, la possibilité d’un sabotage n’est pas exclue. En effet, un ingénieur de la manufacture a déclaré d’une façon positive que la déflagration des explosifs en cours de fusion aurait été impossible sans « onde de choc », celle produite par exemple grâce à un détonateur.
L’usine installée en pleine campagne, dans la vallée du Rhône, employait environ 70 ouvriers et une vingtaine de cadres.
Au cours de cette catastrophe, six explosions se sont produites. Des milliers d’obus de 60 millimètres et près de 8000 gr***des ont sauté. Par miracle, 42 tonnes d’explosifs prêts à être livrés ont été épargnées.

Journal « La Tribune » du 7 avril 2022
09/04/2026

Journal « La Tribune » du 7 avril 2022

09/04/2026
09/04/2026
L’IMPARTIALÉdition du 10 avril 1962Quarante tonnes de poudre constituent toujours un terrible dangerAprès la catastrophe...
09/04/2026

L’IMPARTIAL
Édition du 10 avril 1962

Quarante tonnes de poudre constituent toujours un terrible danger

Après la catastrophe de Saint-Just d'Ardèche

PONT-SAINT-ESPRIT,
De puissants projecteurs avaient été allumés la nuit dernière sur les lieux de la catastrophe, tandis que 90 sapeurs-pompiers, 120 hommes de troupe venant de Montelimar et 50 gendarmes montaient la garde. La poudrerie aux pans de murs noircis, apparaissait comme les ruines de bâtiments qui auraient subi un violent bombardement. En face de l'usine, étaient installés des motos-pompes, des fourgons, des remorques, des groupes électrogènes. Une demi-douzaine de lances continuaient à arroser le bâtiment considéré comme le plus dangereux, c'est-à-dire celui où sont entreposées 40 tonnes de poudre noire qui n'ont pas encore explosé. L'incendie en dépit des tonnes et des tonnes d'eau déversées, continuait à couver. Dans un fourgon, le commandant Guilbaut, inspecteur départemental du Vaucluse qui était arrivé hier en début d'après-midi, dirige les opérations contre l'incendie et il a déclaré au cours de la nuit : « Je ne sais pas si nous parviendrons à empêcher l'explosion, mais nous avons mis en oeuvre des moyens qui peuvent nous donner espoir de réussir.» A l'heure actuelle on essaye de sauver les 40 tonnes de poudre en refroidissant le bâtiment dans lequel elles se trouvent, car si on les noyait complètement on écarterait tout danger mais cette marchandise deviendrait irrécupérable. La police mobile a été chargée de l'enquête et ses inspecteurs sont sur place.

Hypothèses
Quelle est l'origine de la catastrophe ? Présentement on situe la première explosion dans la cour, entre la chaudière et un atelier de montage. Deux hypothèses sont avancées avec une certaine insistance :
1) un détonateur de gr***de se serait trouvé par hasard dans la poudre d'un malaxeur.
2) un bang supersonique d'un avion à réaction survolant l'usine, aurait provoqué l'explosion de gr***des et d'obus et déclenché le sinistre. Dans ce domaine là, des expériences ont été réalisées aux Etats-Unis et elles ont prouvé que dans certaines circonstances un «bang» peut faire exploser des projectiles. Quoi qu'il en soit, les enquêteurs n'en sont toujours qu'au stade des hypothèses. A l'aube, les pompiers ont repris les fouilles dans les ruines recherchant les cadavres qui ont pu être ensevelis sous des tas de pierres.

Une poudrière explose
A Saint-Just d'Ardèche
16 morts -13 blessés - Nombreux disparus
PONT-SAINT-ESPRIT,
Une catastrophe qui a fait de nombreuses victimes - 16 morts et 13 blessés ont été dénombrés mais un certain nombre de personnes sont portées disparues - s'est produite lundi matin à la poudrerie de Saint-Just d'Ardèche, petite localité de la vallée du Rhône située à la limite des départements de l'Ardèche et du Gard. Pour une raison encore indéterminée, une première explosion se fit entendre peu avant 7 h 30 alors que le personnel - une centaine d'ouvriers et d'employés - venait de prendre son service. De très fortes détonations se firent entendre pendant quelques minutes cependant que s'élevait au-dessus de la vallée du Rhône un énorme champignon de fumée et qu'un incendie qui s'était immédiatement déclaré, faisait rage.
Pendant que les secours s'organisaient, une seconde explosion, plus importante encore que la première, retentissait une heure plus t**d. Le bruit de la déflagration ébranla toute la région et fut entendu à trente kilomètres à la ronde. Une ville comme Orange, distante de vingt-cinq kilomètres eut des vitres brisées.
Pont-Saint-Esprit durement touché.
Une des localités les plus atteintes a été Pont-Saint-Esprit que six kilomètres seulement séparent de Saint-Just d'Ardèche. Vitrines des magasins et vitres des immeubles volèrent en éclat et les quartiers nord de la ville ont dû être évacués, de nombreuses toitures et plafonds menaçant de s'effondrer. Entreprise privée travaillant pour la défense nationale, la poudrerie de Saint-Just d'Ardèche fabrique des explosifs et des munitions de chasse. En raison des dangers que présente sa production, elle est gardée nuit et jour par la troupe. Selon certains renseignements 76 ouvriers et 20 militaires se trouvaient à la poudrerie au moment de la catastrophe. Le bâtiment fut comme coupé en deux tandis que se dégageait une chaleur suffocante. Une catastrophe sans précédent. Ceux qui s'étaient présentés au travail à 6 h 15 gmt sortaient des vestiaires pour gagner leur poste lorsqu'une violente explosion retentit dans l'atelier de fusion des explosifs, voisin de l'atelier de finition des obus de mortier de 60 mm qui détonnèrent à leur tour, soufflant une partie des bâtiments. Quelques minutes plus t**d, le feu faisait rage dans cette partie de l'usine. Plusieurs ouvriers déjà avaient été tués et gisaient sous les décombres. D'autres étaient plus ou moins grièvement blessés. Les secours commençaient à s'organiser lorsque la deuxième explosion retentit faisant de nouvelles victimes. Il était 7 h 20 gmt. Le sinistre prenait une telle ampleur, à ce moment, que l'on décidait d'évacuer immédiatement les lieux, de nouvelles explosions étant à craindre. Il y en eu effectivement six, au total, la dernière se produisant à 11 h 20 gmt, des milliers d'obus de 60, 8000 gr***des, plusieurs tonnes d'explosifs ont sauté. Par miracle, 42 tonnes d'explosifs prêts à être livrées ont été épargnées. Selon un ingénieur de l'usine, la déflagration des "explosifs en cours de fusion était impossible sans « onde de choc », celle produite par exemple par un détonateur.

L'Impartial est fondé en 1881 à La Chaux-de-Fonds. En 1967, son éditeur reprend la Feuille d'Avis des Montagnes, quotidien du Locle. Il détint dès lors une position de monopole dans le haut du canton. Une collaboration avec L'Express, publié à Neuchâtel, s'instaure en 1996, après de longues années de rivalité. Les deux journaux fusionnent en 2018 pour devenir ArcInfo.

09/04/2026

Vie et bonté : France Croix-Rouge : organe officiel

Remerciements

A la suite de son intervention lors de la catastrophe de Saint-Marcel-d'Ardèche (voir le compte rendu de cette intervention p. 38 de ce numéro), la Croix-Rouge de l'Ardèche a eu l'honneur de recevoir de M. le préfet de l'Ardèche la lettre que nous publions ci-dessous.

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
CABINET DU PRÉFET DE L'ARDÈCHE.

M. T. D. - Cab./ n° 1160
Privas, le 12 avril 1962.

Monsieur le Président,

A la suite de la catastrophe de Saint-Marcel-d'Ardèche dont l'ampleur a nécessité la mise en place du plan ORSEC, M. le Premier Ministre et M. le Ministre de l'intérieur m'ont, chargé de vous transmettre leurs félicitations pour la diligence, l'efficacité et la qualité de l'action menée par l'ensemble des personnels relevant de la Croix-Rouge.

Il m'est agréable de vous exprimer à cette occasion le témoignage de ma satisfaction personnelle dont je vous demande de faire part à tous ceux qui ont participé avec le plus grand dévouement aux opérations dans des circonstances particulièrement difficiles et douloureuses.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments très distingués.

Le préfet,

Pierre Hosteing

DAUPHINÉ LIBÉRÉ EXPLOSION DE LA FABRIQUE D'EXPLOSIFS DE SAINT-MARCEL-D'ARDÈCHE (9 avril 1962) Mmes PÉAUD, vice-président...
09/04/2026

DAUPHINÉ LIBÉRÉ

EXPLOSION DE LA FABRIQUE D'EXPLOSIFS

DE SAINT-MARCEL-D'ARDÈCHE (9 avril 1962)

Mmes PÉAUD, vice-présidente de la C. R. F. de l'Ardèche, et GAUTHIER, directrice départementale adjointe des E. S. C. R., alertées par le docteur HILAIRE, directeur départemental, se sont rendues immédiatement sur les lieux de la catastrophe où elles ont trouvé les équipes secouristes de Bourg-Saint-Andéol et de Pont-Saint-Esprit ainsi que le Président du Comité de Bourg- Saint-Andéol, M. DUMONT, accourus dès la première explosion.
Equipes qui avaient participé aux premiers secours et aux premières évacuations.

D'autres explosions étant à craindre, un ordre de repli fut donné et les secouristes Croix-Rouge attendirent groupés avec la plus parfaite discipline que l'on fasse appel à nouveau a leur concours.

Vers 17 heures, Mmes PÉAUD et GAUTHIER ont pris l'initiative, en accord avec la Protection civile et avec le concours des deux équipes E. S. C. R., d'organiser le local où étaient entreposés les restes des malheureuses victimes.

Avec beaucoup de courage et de piété, les secouristes firent la toilette des corps, rassemblèrent les débris calcinés dans des draps fournis spontanément par la population, cela avant de laisser pénétrer les familles.

A la suite de ces tragiques circonstances, la presse a tenu à rendre aux secouristes un hommage mérité, que nous sommes heureux de reproduire :

« ... On ne saurait trop souligner le dévouement dont les secouristes ont fait preuve, lors du transport des blessés, puis des tués qu'il fallut aller chercher véritablement au péril de sa vie, ni l'élan de solidarité qui s'est manifesté parmi les habitants du village lorsqu'il fallut transformer en morgue la chapelle Notre-Dame de Lourdes. C'est par pile qu'ils apportèrent des draps aux dames de la Croix-Rouge et aux secouristes qui, à l'exemple de Mme PEAUD, vice-présidente, et de Mme GAUTHIER, directrice départementale adjointe des secouristes, eurent la pénible tâche de procéder à la toilette funèbre des pitoyables victimes susceptibles d'être identifiées et des
autres...

» Nous savons qu'une telle action porte en soi sa récompense.

Il était bon cependant qu'un hommage fût rendu à ceux et celles qui viennent de montrer une fois de plus qu'en de telles circonstances la solidarité n'est pas un vain mot. »

(Extrait du Dauphiné Libéré, 13 avril 1962.)

LE PROGRÈS Énorme catastrophe dans l'usine dite du "Banc-Rouge" de la poudrerie Rey à Saint-Marcel-d'Ardèche : une cigar...
09/04/2026

LE PROGRÈS

Énorme catastrophe dans l'usine dite du "Banc-Rouge" de la poudrerie Rey à Saint-Marcel-d'Ardèche : une cigarette restée allumée dans cette poudrerie fabriquant des projectiles de mortier et autres explosifs pour les carrières, est à l'origine de plusieurs déflagrations meurtrières. Les explosions en chaîne, entendues à 30 km à la ronde, ont ravagé le site sur 12 hectares et provoqué la mort de 18 personnes.
1962 - Archives Le Progrès

LA DÉFENSE : Journal mensuel du Secours populaire de FranceÉdition de Mai 1962APRES LA CATASTROPHE DE St-JUST-EN-ARDECHE...
09/04/2026

LA DÉFENSE : Journal mensuel du Secours populaire de France
Édition de Mai 1962

APRES LA CATASTROPHE DE St-JUST-EN-ARDECHE

Des visites bouleversantes...

Par Noëlle LELONG

LE 9 avril, un effroyable drame a soulevé, dans le Midi de la France, et dans tout le pays une immense émotion. L'explosion de la poudrerie de Saint-Just d'Ardèche a fait 20 morts et de nombreux blessés.

Malgré les éléments qui donnent à penser que cette catastrophe est l'œuvre de criminels et, disons-le, de criminels de l'O.A.S., les autorités gardent le plus profond silence sur cette affaire, tout en essayant d accréditer l'idée d'un simple accident, malgré les constatations troublantes qui ont pu être faites. .. ..

Nous souhaitons que la volonté populaire puisse bien vite imposer que toute la lumière soit faite sur ce malheur qui a plongé de nombreuses familles dans la peine..

Dès l'annonce de la catastrophe, le Secours Populaire a été présent auprès des familles. Ce sont ces démarches que nous rapporte ci-dessous notre amie Noëlle Lelong, secrétaire du Comité du Secours Populaire du Teil (Ardèche).

Lorsque nous sommes retournés à Saint-Marcel, le village assourdissait ses bruits, il parlait bas, chuchotait son malheur... des visages inquiets suivaient nos allées et venues, au surlendemain de la cérémonie funèbre, la place de l'Eglise conservait l'empreinte de ses morts…l'angoisse demeurait, ravageait les esprits, se communiquait aux choses, aux ruelles que nous longions, l'air même que nous respirions était comme sur-imprégné par tant de peines cachées derrière les portes closes et les volets de bois.....

Lorsque nous l'avons rejoint, notre ami Henri Mazel, inspecteur des Eaux et Forêts, rapportait un blouson aux manches déchiquetées, largement tâché de sang, et une montre... C'est celle de Carboni, nous dit-il, elle ne s'est pas arrêtée, mais lui... le pauvre gars... c'est comme à la guerre, pire que je n'en n'ai jamais vu... reconnaître un crâne, identifier des lambeaux humains, une oreille, grâce à un objet quelconque : une petite cuiller, un bouton... et cet homme courageux, après plusieurs jours d'horreur et de nuits sans sommeil consentit à nous conduire auprès des familles en deuil afin que nous puissions leur exprimer notre sympathie et leur faire partager bénéficier de la solidarité du Secours Populaire...

Ainsi, pour commencer, des premiers dons en argent furent distribués aux familles les plus éprouvées.

— Un séjour gratuit dans les colonies de vacances du Secours Populaire offert à tous les enfants des victimes.

— La solidarité juridique mise à la disposition des familles intéressées.

Henri Mazel nous désigna la maison de Madame Salvy, deux bambins jouaient près de la fenêtre...

Il expliqua :
Un cas navrant, le père est mort il y a trois mois. 4 enfants. La mère est gravement brûlée. On l'a transportée à Grange-Blanche à Lyon. C'est sa sœur qui garde les petits et comme elle en a quatre aussi. Enfin, allons-y...

Certes, il fallait bien y aller, mais comme il est dur de forcer la retraite au chagrin même pour l'adoucir...

Madame Salvy nous accueillit avec un grand courage. Elle serrait autour d'elle ses huit enfants avec une telle force d'affection qu'on la croyait aisément lorsqu'elle affirmait : « Ceux de ma pauvre sœur ou les miens, c'est pareil !... »

V***e également, Madame Rinaldi, elle, avait cinq enfants, perdit un fils dans un accident de moto. Aujourd'hui, la malheureuse mère n'en n'a plus que trois...
..Marie-Jeanne Bouchon — 17 ans — décédée. Quelques mots officiels, puis... plus rien... et pourtant, je regarde longuement la photographie de Marie-Jeanne, ses lèvres joyeuses, ses yeux vifs en forme de sourires, sa petite robe fleurie... L'image de cette jeune fille est l'image de la vie... et la mère s'effondre, tant est lourd, un tel chagrin...

A Saint-Just d'Ardèche, nous nous sommes arrêtés chez Madame Audon.

La catastrophe a tué sa fille et son mari... Inutile d'insister sur l'étendue d'un tel drame au sein de cette famille tendrement unie...

Sur le chemin du retour, nous avons croisé un homme jeune au regard éperdu... C'est Pierre Issoire, un gendre de Madame Audon. Celui-ci revient de loin, il s'en est manqué d'un cheveu que la famille Audon pleure une troisième victime, précise Mazel...

Je me demande ce que je fais là, nous dit-il, j'étais au garage... les autres sont morts... Je me demande ce que je fais là...

Il faudra des semaines, des mois peut-être à cet homme pour reprendre son équilibre, pour cesser de se poser l'incroyable question et ne plus se demander... ce qu'il fait là !

Nous n'avons malheureusement pas eu le temps d'aller rendre hommage à toutes les victimes et visiter leurs familles.

A Pont-Saint-Esprit, c'est encore un cas déchirant qui nous arrête, rue Bas-Mazeau, ici une v***e pleure Julien Mazade, son mari, et André, Nicole, Mireille, Claude, Josette, Danielle, Gérard, Michel et Bruno, leur cher papa...

Au milieu de tant de larmes, nous ne pouvons que laisser l'espoir de n'être pas abandonné... et après avoir déposé sur la table quelques billets pour « dépanner »... nous retirer discrètement.

Un peu en dehors de la ville se trouve la demeure Ghisalberti... Là c'est Marie-Anne qui fut tuée (j'allais écrire assassinée) à l'âge de 18 ans... Il reste à ce foyer meurtri cinq enfants dont un fils militaire, les 4 autres âgés de 13, 12, 4 et 3 ans.

A Mondragon, c'est encore la mort d'une toute jeune fille, Mireille Maurin, 17 ans, qui endeuilla une famille déjà éprouvée.

Le père, à la suite d'un accident de route, est incapable de travailler. Il lui reste quatre enfants à charge, dont un grand fils malade et un garçon de 12 ans 1/2 mentalement ret**dé.

Par la suite, nous sommes retournés voir certaines de ces familles et d'autres enfin que nous n'avions pas pu rencontrer la première fois .

Nous avons, par exemple pris contact avec la famille Faure.

Madame Marie Faure a été tuée...

C'était une des plus vieilles ouvrières de l'usine et elle soignait son père âgé de 90 ans... Chez son fils, c'est la belle-fille de ce dernier dont il est le tuteur qui a été blessée...

Monsieur Drouineau, les traits tirés, le visage creusé par les souffrances récentes, il parle... parle... et le cauchemar qui réapparaît se reflète dans les yeux de sa femme; Madame Drouineau ponctue chaque phrase de son mari d'un hochement de tête fatal...

« J'étais à bricoler le tracteur dans le garage, l'explosion m'a éjecté contre un établi, j'avais la jambe coincée par une énorme poutre, par-dessus le marché, j'étais enseveli sous un tas de moellons, de gravats... Je me dis : « Si tu veux t'en tirer, faut sortir de là... » Ça a été dur, j'y ai mis le temps, finalement j'ai réussi... J'entendais sous moi quelqu'un qui criait au secours... Dès que je fus un peu dégagé, la première chose que je vois, c'est un collègue étendu par terre, je me glisse... devant ce qui était le garage. J'en vois un autre qui fait un geste... le dernier...

Alors, je suis parti en zigzagant, comme ça, moitié à genoux, moitié rampant... j'ai rencontré des gens plein de sang qui faisaient comme moi... Mais je ne pensais qu'à une chose : Il faut que je retrouve ma femme.

Moi, intervient Madame Drouineau, je ne pensais qu'à lui... je le cherchais...

Je suis sorti par le jardin du directeur, continue son mari, j'étais inondé de sang, ça me coulait de partout, même des oreilles, Je n’arrivais plus à me traîner...

C'est là que je t'ai aperçu...

Oui, c'est là qu'ils se sont rejoints, ces deux êtres blessés qui se cherchaient à travers le désastre. Monsieur Drouineau, conduit à l'hôpital de Montélimar, a le bras cassé, les reins touchés, ainsi que l'appareil urinaire, quelque chose au foie, un léger éclatement de la rate, 3 côtes cassées... etc... Sa femme n'a que des blessures superficielles mais souffre d'une forte dépression... Quant à Lionel, leur fils, il accueillit avec une joie manifeste les futures vacances que lui offre le Secours Populaire !

Nous avons rencontré plusieurs rescapés qui nous relatèrent avec détails les affreux moments qu'ils ont vécus... et qui nous donnèrent leur opinion sur... l'accident... qui n'en n'est plus un pour personne.

Mon pauvre mari, on l'a tué..., a dit une femme en nous remettant une demande de solidarité juridique...

Ma petite fille a été assassinée... C'est un crime monstrueux...

Un attentat. odieux contre les travailleurs, il faut le dénoncer...

Il ne fait aucun doute que mon oncle a été assassiné, écrit à sa tante le neveu d'une victime...
La vérité doit être connue de tous...

Après la stupeur, après l'anéantissement du premier choc, la colère monte et gronde dans tous ces cœurs déchirés...
Il faut que justice soit faite.

Toutes les familles visitées nous ont remis une demande de solidarité juridique.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9809724c/f5.item

La Défense : organe de la Section française du Secours rouge international

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9809724c/f5.item/f5.jpeg?download=1

La Défense, organe de la section française du Secours rouge international (1923-1944), puis organe du Secours populaire français (1945-1981). Particulièrement actif après

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