20/08/2025
Chaque métier en général et en particulier dans la construction, est encadré par des règlements, des normes ou au moins des règles professionnelles qui sont le produit de plusieurs années voire des siècles de pratique, d’expérience, d’expérimentation et de recherche scientifique. C'est en quelque sorte la synthèse d'un savoir-faire commun consolidé à travers le temps et continuellement révisé et enrichi.
Un métier n’est ni ce que nous exerçons pour gagner notre vie, ni ce que nous avons l’habitude de faire ou ce que nous avons appris des autres, mais c’est une maîtrise des techniques d’un domaine telles que définies par ces normes ou références communes.
Cette culture de se baser et de se référer aux normes doit être instaurée dans notre Société en commençant par l’inculquer aux futurs diplômés dans leur formation, puis dans l’exercice de tout type de profession.
Lorsque nous jugeons la qualité d'un travail ou d'une prestation, ceci doit être fait en se basant sur des normes ou des références bien définies et reconnues et non pas suivant notre propre appréciation subjective , souvent aberrante. Le risque d’erreur sera ainsi maitrisé et notre interaction avec les autres collaborateurs sera cadrée par un référentiel commun solide.
Pour retrouver la qualité perdue dans les constructions d’aujourd’hui, la notion de métier doit regagner sa signification originale. Un métier, rappelons-le, c’est quelque chose que nous maîtrisons et non pas quelque chose que nous exerçons pour en gagner de l’argent.
Tout métier de la construction quel qu’il soit (maçonnerie, enduit, plomberie, plâtrerie, revêtement, menuiserie, vitrerie, peinture, etc.) possède ses propres normes nationales ou internationales, déjà établies, écrites et publiées.
Chacun qui exerce une profession, pour honorer sa mission et améliorer la qualité de son travail, doit faire un effort pour mieux apprendre et maîtriser réellement son métier et contribuer ainsi à restituer la qualité dans ce que nous construisons.
C’est vrai que le chantier des normes au Maroc nécessite encore beaucoup d’efforts ; entre autres, nous continuons à travailler avec des normes internationales qui ne sont plus en vigueur dans leur pays d’origine (exemple des règles BAEL 91 et CM66 remplacées par les Eurocodes 2 et 3) et d'autres normes ont besoin de mise à jour. Mais souvent, déjà appliquer une norme quelle qu’elle soit nous amène à des résultats largement meilleurs que de nous fier à notre intuition, à notre raison ou à nos habitudes. Toutefois, à moyen et à long terme nous avons besoin d’un système de normes unifié, homogène et répondant à nos spécificités. Nous pouvons déjà commencer par adopter officiellement les Eurocodes, étant des normes bien élaborées et complètes, tout en les adaptant au contexte du pays par des annexes nationales.