10/09/2025
Le monde change sous nos yeux.
Les siècles s’empilent, le soleil brûle nos sourires, et le ciel, complice muet, a recouvert nos malheurs d’un voile trop lourd.
Les Arabes furent les premiers à nous réduire en esclavage, imposant une foi parfois à coups d’épées et une fraternité au goût de thé amer.
Puis vinrent les Européens, riant de notre douleur, nous chosifiant, nous vendant, avant de revenir occuper nos terres et voler notre repos.
Depuis, nous avançons comme des somnambules, habitués à ce sommeil forcé qui finit par nous séduire.
Hier, la seule différence évidente était la couleur de la peau.
Aujourd’hui, elle s’est transformée en abîme : ils sont riches, nous sommes pauvres.
Leurs empires se sont bâtis sur nos forces, leurs vignes abreuvées de nos larmes, leurs plaines tapissées de sucre et de sang noir.
Pendant des siècles, nos bras ont labouré, nos cris ont résonné, nos désespoirs ont bâti leur confort.
Et maintenant ?
Voici qu’un nouveau monde surgit. L’intelligence artificielle explose, réinventant chaque jour la vie des hommes.
Mais les puissants demeurent les mêmes :
Le maître du monde ne pense qu’à remplir sa gamelle d’or, de terres rares et de privilèges.
Les grandes puissances nucléaires rêvent d’étendre leur empire au prix du sang et du silence.
Les vieilles nations coloniales s’agitent dans leur déclin, incapables de retrouver leur grandeur passée.
Et nous, dans tout ça ?
Nous marchons encore dans le désert, ou nous lançons nos vies sur l’océan, entassés dans des pirogues fragiles vers des mirages incertains.
Nos autorités pataugent, et se perdent lamentablement dans la quête de l’amer calice de la richesse dérobée.
Mais l’Afrique est jeune.
Et parce qu’elle est jeune, elle doit refuser la résignation.
Il est temps de briser les verrous de nos certitudes et de nos doutes.
Il est temps de forger un avenir à la mesure de nos rêves.
Former notre jeunesse négligée.
Nourrir nos peuples affamés.
Éclairer nos campagnes oubliées.
Réconcilier nos forces éparpillées.
Réinventer notre destin commun.
Alors, aujourd’hui, je te parle comme à un frère, comme à une sœur.
Je te tutoie et je crie :
Réveille-toi, Afrique !
Ne mendie plus ton avenir.
Réclame ta part du monde, et bâtis ton chemin parmi les nations.
Il est temps !