05/03/2026
Chers amis de Pairi Daiza,
Récemment, l’association GAIA et d’autres organisations ont accusé le Gouvernement wallon de vouloir faire de la Wallonie une « région du mal-être animal ».
Rien de moins.
Pourquoi une telle accusation ?
Parce que le gouvernement accepte simplement d’examiner une question devenue inévitable : que va-t-on faire des dauphins lorsque les delphinariums ferment les uns après les autres en Europe ?
Car derrière les slogans et les indignations, une réalité existe.
En Europe, une soixantaine de dauphins se retrouvent aujourd’hui sans avenir clairement défini.
Ces animaux ne disparaîtront pas parce qu’une loi a été votée.
Ils sont là.
Ils respirent.
Et ils dépendent entièrement des soins des hommes depuis leur naissance.
Certaines organisations expliquent au public qu’il suffirait de les relâcher en mer ou de les envoyer dans des « sanctuaires marins ».
C’est une belle histoire.
Mais la réalité scientifique est tout autre.
Les dauphins nés sous soins humains n’ont jamais appris à chasser. Leur système immunitaire n’est pas armé pour affronter les pathogènes du milieu marin. Ils dépendent de soins vétérinaires et de groupes sociaux constitués par l’homme.
Les relâcher ne les libère pas : c’est les condamner.
Le monde entier se souvient de Keiko, l’orque rendue célèbre par le film Free W***y.
Des millions de personnes ont réclamé sa liberté. On l’a fait.
Après plus de vingt millions de dollars investis dans sa réintroduction, Keiko n’a jamais chassé, jamais intégré un groupe d’orques sauvages. Il revenait vers les humains pour être nourri.
Il est mort seul d’une pneumonie dans un fjord norvégien.
Voilà ce que certains préfèrent ne pas raconter.
On parle aussi beaucoup de « sanctuaires marins ».
Là encore, les faits sont têtus.
Après trente ans d’annonces à travers le monde, un seul projet a effectivement accueilli des cétacés : deux bélugas transférés en Islande en 2019 et qui ont dû être retirés de la baie naturelle après de graves problèmes de santé liés au stress. 
À ce jour, aucun sanctuaire marin n’a démontré scientifiquement offrir de meilleures conditions de vie aux cétacés. 
Pendant que certains racontent des histoires, une question simple reste sans réponse : que fait-on des animaux qui sont déjà là ?
Trois options seulement existent :
– les envoyer dans des spectacles ailleurs dans le monde
– les euthanasier
– ou leur offrir un refuge sans spectacle, dans lequel ils pourront vivre dans les meilleures conditions possibles.
C’est cette troisième voie que Pairi Daiza est prêt à étudier, si les autorités et les scientifiques le jugent utile.
Refuser toute solution concrète ne sauve aucun dauphin.
Cela empêche simplement d’améliorer réellement la vie de ceux qui existent déjà.
Une dernière chose mérite d’être dite, avec le calme que le sujet exige.
GAIA a le droit de défendre ses convictions.
Mais une organisation qui prétend parler au nom des animaux se doit d’être d’une rigueur irréprochable dans ses accusations.
Or ce n’est pas toujours ce que l’on a observé.
On se souvient de l’épisode où GAIA avait publiquement dénoncé les conditions de détention d’un crocodile dans un zoo wallon.
L’animal en question était… en résine.
Cet épisode aurait pu n’être qu’une anecdote.
Mais il révèle une méthode : accuser d’abord, vérifier ensuite et laisser au temps le soin d’effacer le reste.
Ce n’est pas ainsi que l’on protège les animaux.
À Pairi Daiza, nous n’esquivons pas les questions difficiles.
Nous les regardons en face, même quand elles dérangent, même quand elles nous exposent.
Si des experts internationaux se sont tournés vers nous, ce n’est pas par hasard.
C’est parce que peu d’institutions dans le monde disposent aujourd’hui des moyens scientifiques, vétérinaires et financiers nécessaires pour offrir à ces animaux un cadre stable et respectueux, sans spectacles.
Nous avons donc accepté d’examiner cette responsabilité.
Parce qu’au-delà des slogans, une vérité demeure : ces dauphins sont déjà là.
Et lorsqu’un animal dépend de nous, il ne suffit pas d’avoir raison dans les discours.
Il faut avoir le courage d’assumer ce qui doit être fait.
Eric Domb
©️ Photo : Régine Mahaux