17/06/2021
Côte d'Ivoire : Gbagbo, le retour pour pardonner et se réconcilier
Le 17 juin prochain, l'ex-Président Laurent Gbagbo après avoir été acquitté définitivement par la Cour Pénale Internationale (CPI) rentre en Côte d'Ivoire. L'annonce a été rendue publique lundi 31 mai lors de la célébration de ses 76 ans dans un complexe hôtelier à Cocody, Commune d'Abidjan par le SG de son parti, le Ministre Assoa Adou.
L'on croyait qu'il y avait une dissension au sein de sa formation politique quand aux tournées de mobilisation pour préparer son retour au bord de la lagune Ebrie. Le Président du comité de mobilisation et des préparatifs pour accueillir l'ancien Président de la République de Côte d'Ivoire, le minisre Emmanuel Monnet avait mis un arrêt de la tournée entamée à cet effet. La Présidente des femmes, Marie Odette Lohrougnon avait dit le contraire.
Finalement ce qui se tramait dans l'entourage du Président Gbagbo concernant la date de son arrivée à été dévoilé. Le procès à la CPI l'a rendu encore plus célèbre. Les accusations de crimes contre l'humanité ont fondu comme beurre au soleil devant les preuves fournies par ses avocats, le Président Laurent Gbagbo retrouve les ivoiriens en héros . Tous espèrent que la page des tensions politiques, des affrontements intercommunautaires et des rancoeurs soit tournée.
Le pardon et la réconciliation
L'arrivée du Président Laurent Gbagbo et de son Ministre Charles Blé Goude après leur acquittement qui intervient après le retour des exilés qui craignaient pour leur sécurité ou l'arrestation. Cela va permettre de consolider la paix..
Le pouvoir a donné sa position : le Président Laurent Gbagbo et le Ministre Charles Blé Goude peuvent rentrer en Côte d'Ivoire s'ils le souhaitent, les frais de voyage seront à la charge de l'État. Une volonté politique saluée par les acteurs de la société civile et les ivoiriens dans leur grande majorité. Après ce que la Côte d'Ivoire a connu depuis 2002 avec la rébellion sur fond de tensions politiques mêlée à des conflits ethniques et le conflit post- électoral en 2011, il serait bienseant que les ivoiriens de tous bords politiques posent des actes qui montrent que la Côte d'Ivoire reconcilee est une réalité.
Le Président Gbagbo est certes dans l'opposition, mais il ne vient pas en belligérant ou en revanchard. Le slogan pour ce retour est " pardonner pour se réconcilier". Des mots qui traduisent la disposition d'esprit de ce grand homme qui a toujours préféré le dialogue avec ses adversaires politiques. L'auteur de "Assayons nous et discutons" et le concepteur du "dialogue direct" revient pour dire aux ivoiriens et à tous ceux qui vivent en Côte d'Ivoire "attachons- nous à tout ce qui peut nous unir malgré nos divergences politiques pour reconstruire notre pays." Au niveau du RHDP le parti au pouvoir l'on devait chercher à convaincre les ivoiriens à voir en ce retour un acte fort pour la réconciliation. Les victimes il y a eu dans les deux camps, l'on ne peut donc pas dire que son arrivée après avoir été reconnu non coupable de crimes contre l'humanité et des 3 000 morts va être frustrant pour les victimes de la crise ivoirienne. il faut reconnaître que l'ancien Chef d'État mérite un accueil digne de son rang. Les victimes doivent plutôt dire l'heure est au pardon et à la réconciliation. Les acteurs politiques et de la presse doivent s'inscrire dans cette dynamique de recherche de la paix et de la réconciliation. L'arrivée triomphale du Président Laurent Gbagbo est même souhaitable pour dire que la page des rancoeurs et la haine de l'autre qui n'est pas de mon ethnie ou de mon parti politique est définitivement tournée.
Laurent SERY DJATI