18/10/2025
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🔴Transport_aérien : pourquoi l’« » africain tarde à prendre son envol
Depuis son lancement en 2018, le Marché unique du transport aérien africain (MUTAA), l’un des projets phares de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, peine à se concrétiser pleinement. Malgré l’adhésion de nombreux États et les bénéfices potentiels d’une libéralisation du ciel africain, plusieurs freins structurels freinent son essor.
•Un potentiel mal exploité
Bien que l’Afrique représente plus de 17 % de la population mondiale, elle ne concentre aujourd’hui que 3 % du trafic aérien passagers. En 2024, le continent a enregistrés 160 millions de passagers-kilomètres, contre près de 4,89 milliards dans le monde.
Un facteur important de cette faible représentativité : la connectivité entre pays africains. Seules 19 % des liaisons inter-pays sont desservies par des vols directs, ce qui oblige les voyageurs à transiter par des hubs en Europe ou au Moyen-Orient — allongeant les trajets, les coûts, et compliquant les déplacements.
•lQue promet le MUTAA (Open Sky) ?
Le projet vise à lever les restrictions sur les droits de trafic (1ʳᵉ à 5ᵉ liberté), sur les fréquences et les capacités de vol, ainsi que sur les tarifs. L’idée : libéraliser le ciel pour stimuler la connectivité, le tourisme, le commerce intra-africains.
À ce jour :
• 38 États africains se sont engagés dans le projet,
• Plus de 20 permettent déjà les droits de 5ᵉ liberté,
• 23 pays ont signé le mémorandum de mise en œuvre,
• Et 20 font partie d’un projet pilote du MUTAA. Ces 38 États représentent plus de 80 % du trafic intérieur africain.
On note aussi une amélioration tangible de la connectivité : elle est passée de 14,5 % à 23 % entre septembre 2022 et avril 2025, avec l’ouverture de 108 nouvelles liaisons intra-africaines, dont 19 concernent des droits de 5ᵉ liberté.
•Quelle impulsion depuis Kigali ?
Lors de la réunion des ministres des Transports et de l’aviation civile à Kigali (Rwanda), en septembre 2025, il y a eu une volonté renouvelée de donner un élan au projet. Le Communiqué de Kigali appelle à des réformes urgentes : réduction des taxes et frais excessifs, levée des restrictions injustifiées sur les droits de trafic, amélioration des infrastructures via des partenariats public-privé, et renforcement des institutions comme la Commission africaine de l’aviation civile (CAFAC).