28/11/2025
[Perspectives en rapport aux 38 000 emplois, dans le secteur des industries extractives annoncés par le Ministère en charge des mines ]
L'annonce de la création de 38 000 emplois est accueillie avec un espoir mitigé au sein de la communauté des ingénieurs des mines. Ce scepticisme s'explique par le souvenir d'annonces similaires non concrétisées par le passé.
Le Cameroun a vu naître sa première école des mines à Meiganga en novembre 2011, suivie d'une seconde à Kaélé en 2014. Créées pour former les futurs cadres et l'élite du secteur, ces institutions incarnaient la promesse d'une expertise minière nationale.
Les années de formations dans ces différentes écoles pour ne citer que celles-là, ont été marquées par plusieurs promesses venant de l’administration ; notamment les promesses d’un avenir radieux très loin du chômage une fois la formation terminée. A longueur des journées l’on nous parlait de l’imminence des projets comme l’exploitation du fer de Mbalam , du nickel-cobalt de Lomié et la bauxite de Minim-Martap sans oublier, la possible intégration à la fonction publique.
Convaincus par ces promesses, nous nous y sommes préparés avec sérieux. Notre désillusion fut donc grande de constater, la difficulté insurmontable à décrocher un simple stage de fin d'études au sein d'une entreprise. Contraints de trouver une issue, nous avons préservé notre espoir et achevé notre formation par le biais de l'école de terrain, tandis que les plus chanceux d'entre nous y parvenaient grâce à de rares stages en entreprise.
Après avoir surmonté l'obstacle initial du stage académique, nous avons dû faire face, une fois diplômés, à la dure réalité de l'insertion professionnelle. Nous avons constaté que les promesses peinaient à se matérialiser et que l'obtention d'un simple stage professionnel tenait du miracle. C'est naturellement pour faire front commun que nous avons décidé de nous unir en fondant l'Association des Ingénieurs des Mines du Cameroun, afin de relever ensemble les défis structurels de notre secteur.
En 2020 nous avons la création de la SONAMINES, des promesses de recrutement massif des ingénieurs des mines dans cette structure ont encore été faites par l’Administration. Aujourd’hui 05 ans plus t**d, nous ne savons rien de ce qui s’y passe et cela donne l’impression que cette structure est une boite noire où les décisions de recrutement relèvent de l’hermétisme.
Le mode de fonctionnement de la SONAMINES trouve son antécédent dans celui d'autres institutions publiques comme la SNH, la SONARA, la CSPH ou la SCDP. L'accès à ces structures était, et reste, extrêmement difficile, leurs processus de recrutement demeurant particulièrement opaques.
Malgré ce bilan, les annonces et promesses émanant de l'Administration ne se sont jamais taries, à l'image du lancement annoncé des activités d'exploitation du fer de Kribi (les projets SINOSTEEL et G-STONE) et de la bauxite de Minim-Martap, entre autres, prévu pour le début d'année 2025.
En dehors des promesses non tenues, d’autre décisions nous poussent également à prendre cette annonce avec un peu d’enthousiasme notamment :
- L’existence des exploitations semi mécanisées et de la petite mine à l’Est du pays mais aucun impact sur l’employabilité des ingénieurs des mines n’est ressenti.
- L’existence de l’exploitation du marbre dans le Nord du pays par CIMENCAM et ROCA toutes deux détentrices d’un permis d’exploitation industrielle chacune, mais là encore aucun impact sensible sur l’employabilité des ingénieurs des mines n’a été aperçu.
Par conséquent, rien ne garantit que l'annonce faite par le Ministre en charge des mines sera concrétisée, ni qu'elle se distinguera des engagements antérieurs non tenus. Et même en supposant sa mise en œuvre effective, rien n'indique que les ingénieurs des mines bénéficieront de recrutements massifs, comme le démontrent les expériences passées avec la SONAMINES et les autres entreprises évoquées.
En conclusion, l'Association des Ingénieurs des Mines du Cameroun, ancrée dans les valeurs républicaines, renouvelle son plein engagement à contribuer au développement des industries extractives et du Cameroun. Nous accueillons favorablement la main tendue du Chef de l'État, Son Excellence Paul Biya, et soutenons résolument son septennat porteur d'espérance pour la jeunesse et les femmes.
Afin d'améliorer durablement l'insertion professionnelle des jeunes ingénieurs des mines, les recommandations suivantes sont proposées en complément de ce rapport.
La suite dans le rapport au lien suivant 👉🏿https://drive.google.com/file/d/1Lpyyf0akqvY7-5OYwSeIhZj5iHz7vmw3/view?usp=sharing