04/03/2024
📎Beaucoup connaissent mal leurs pathologies et la dureté du travail au fond des mines.
Je ne suis pas fils de mineur, mais il fallait être motivé et courageux pour descendre tous les jours au fond.
Je les voyais aller au travail étant plus jeune.
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"Depuis sa création, Béni-Saf fut l’un des importants ports de pêche d’Algérie et un des grands points de production et d’exportation de fer et du vin vers la France et beaucoup de pays d’Europe ..."
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Béni-Saf, la Mine
L’AMORCE
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Les premières peuplades, comme au temps de la Grèce, cherchant les sites présentant des qualités défensives, se fixèrent aussi bien sur la berge orientale de l’oued Ahmed que celle de l’Oued Boukourdan qui constituaient les bases de la structure de la future cité minière.
Et c’est au pied du village que le port fut créé comme celui du Pirée que Thémistocle édifia au pied d’Athènes.
Boudjedra le situe comme le centre géométrique de l’univers qu’il a découvert grâce à Jean Sénac, poète et militant révolutionnaire, enfant de Béni-Saf, qui en parlait comme l’endroit le plus beau du monde.
«À l'origine était le monde, ...», cela nous rappelle les écritures saintes, une phrase majestueuse car avant l'ingénieur, le directeur, l’ouvrier, il aura fallu le flair du renifleur, il aura fallu l'hospitalité des lieux … Béni-Saf avait connu, au début de sa création, le tracé des voies ferrées et les bateaux qui amarraient au Port pour transporter le minerai depuis les zones d’embarquement jusqu’en Europe…
Dans cette ville étagée, bâtie sur le flanc oriental d’une vallée étroite, rehaussée de ses falaises et de ses promontoires, ses plages, et tous types de paysages, les sonneries, longues et stridentes, de la sirène de la Mine appeleront les mineurs et les employés de la mine au labeur durant plus d’un siècle …
Béni-Saf qui n’existait pas (P.J. Lethielleux « Le littoral de l'Oranie Occidentale », 1974) avant l’occupation française, était née dans l’univers et grâce à la mine.
Celle-ci représentait toute l’activité du Port mais s’occupait également de politique locale (cf. La Petite mer, Jacques Suant, Éditions Astrid, 1982, Paris.) – relatera encore la chronique de ces historiens et ces mémorialistes qui nous ont tant appris sur la création de cette cité qui a commencé presque à la fin du XIXe siècle.
D’une manière générale, il n’est pas une ville ou un village qui ne puisse tirer sa fierté et son orgueil de posséder un passé historique aussi cruel et douloureux soit-il, dans une période qui fut terrible et atroce car tant d’êtres souffrirent mais paradoxalement, elle fut conviviale, militante et fraternelle.
L’histoire séculaire de cette ancienne ville minière qui va s’ériger et recueillir un grand nombre d’immigrés d’un nouveau genre, a vu le jour le 20 mars 1883, par décret colonial, témoignait déjà de sa prospérité, plus t**d, elle devenait, après la seconde guerre mondiale, la capitale algérienne du fer et de la pêche, grâce à son port, au temps où le mineur de fond, symbole du prolétariat opprimé de la fin du XIXe siècle, était le premier forçat de la révolution industrielle de l’Empire français.
Des conditions de travail inhumaines, au fond d’un trou noir, où le soleil n’entrait jamais, où les rêves, se transformaient souvent en désespoir.
Des bribes d'informations glanées çà et là, à travers l’Histoire de la ville, nous accédons à l'histoire de la création des mines de Béni-Saf.
Loin des bruits de la ville, entourée de lieux sauvages et fascinants dans lesquels les vestiges des installations minières abandonnées se succédaient, il y avait encore des traces, des parties de murs, de wagons, des fossés recouvert d’herbes sauvages, en fait, un musée à ciel ouvert dans les contreforts de cette cité portuaire et minière, cette ville dont l’histoire était liée à l’exploitation du précieux minerai de fer, l’un des gisements les plus forts en teneur dans le monde, cause salutaire de cette contrée quand c’était Mokta El Hadid, morceau de fer en arabe, une société qui avait obtenu, en 1875, une concession lui donnant la liberté de réaliser tous les travaux utiles à son organisation, qui a été à l’origine de la conception de la cité minière .....
Le Port, où s’amarraient, outre les minéraliers, les cargos et navires marchands, les lamparos et les chalutiers, demeurait pendant longtemps un centre de pêche appréciable tant par l’envergure de sa flotte et la population maritime que par le volume des apports de diverses espèces de poissons. Ce phénomène naturel généreux contribua toujours à faire de ce secteur du littoral, une zone de pêche favorisée du poisson bleu et donna à la ville sa place de premier port de pêche de la sardine dont les effluves sont toujours présents dans la mémoire ...
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Omar Brahami, notes personnelles, 2016
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Crédit Vidéo : ©Adel Boukli
Béni-Saf, 1960
Vidéo mise en ligne sur Facebook le lundi 4 mars 2024.