27/08/2026
ASBH : Steenkamp pose les fondations d’un nouveau cycle biterrois
À la veille de l’ouverture de la saison de Pro D2 face à Oyonnax au stade Raoul-Barrière, Gurthrö Steenkamp a tenu sa première conférence de presse en tant que manager de l’AS Béziers Hérault. Pendant près d’une heure, le technicien sud-africain a dévoilé sa vision du projet biterrois, entre humilité, reconstruction et ambition maîtrisée.
Arrivé à la fin du mois de juin dans un contexte de profonde restructuration sportive, l’ancien international des Springboks affiche une sérénité qui tranche avec l’impatience ambiante. Son discours, construit autour des notions d’identité, de travail et d’appartenance, a séduit par sa cohérence et sa sincérité.
Une excitation comparable à ses débuts avec l’Afrique du Sud
Interrogé sur son état d’esprit avant cette reprise, Steenkamp n’a pas caché son enthousiasme :
« Comme je le disais dans la semaine aux joueurs, j’ai l’impression que c’est comme ma première feuille de match pour l’Afrique du Sud. Il y a cette excitation, même sur le côté entraîneur et manager. J’ai hâte. Je suis très satisfait avec notre préparation, de l’attitude des joueurs. C’est un nouveau groupe. On a mis plein de choses en place pendant les deux mois de préparation. Comme on dit en France, c’est le money-time. C’est là qu’on va voir tout ce qu’on a travaillé. »
Face à un prétendant aux premières places comme Oyonnax, le manager biterrois préfère toutefois concentrer son attention sur son propre groupe :
« Bien sûr. Mais le plus important, c’est notre comportement. C’est ça qui m’intéresse. Je n’ai même pas passé beaucoup de temps à regarder ce que fait Oyonnax, même si on sait ce qu’ils vont nous proposer. Le plus important, c’est nous, rendre fier notre public. »
Un recrutement encore en cours
Malgré un été particulièrement chargé, marqué par une importante refonte de l’effectif, Steenkamp estime que le club a avancé dans la bonne direction.
« Franchement, je tiens à souligner que j’ai beaucoup de soutien de la part de la direction, des bureaux. J’ai été très bien accueilli. Certes, il reste très peu de temps pour préparer la saison, pour faire le recrutement. Mais comme j’ai dit aux mecs, il y a des choses que nous, on ne peut pas maîtriser. Donc on fait le maximum avec ce qu’on a. Maintenant, je suis vraiment rassuré de nos qualités, de ce que j’ai vu pendant la préparation, de voir notre évolution en tant qu’équipe. Je suis étonné, ça fait huit semaines qu’on se prépare et je n’ai pas entendu un Français râler (rire). »
Le manager confirme également que le mercato n’est pas terminé :
« Au fur et à mesure, on fait grandir notre effectif, c’est bien. Mais ce n’est pas encore fini. On a encore quelques recrues qui vont venir. Je pense que le groupe a aussi été rassuré de voir des piliers et des trois-quarts arriver. Je pense que je n’ai jamais vu nos entraîneurs aussi souriants et brillants devant tant de monde sur le terrain (sourire). Maintenant, je dois en choisir 23 pour jouer le match et j’ai pris le temps. »
Pas d’objectif chiffré immédiat
Alors que l’actionnaire Robert Skinstad a récemment évoqué l’ambition de viser les barrages, Steenkamp adopte une approche plus progressive.
« On s’est dit que c’était trop tôt pour en fixer des définitifs. Le but, pour le moment, est de reconstruire un environnement qui sied à tout le monde, créer des vraies valeurs, mettre une dynamique en place, progresser, retrouver l’identité biterroise. Il faut recréer les fondations parce qu’il y a un projet sur le long terme pour ce club. Moi, je prends tellement de plaisir à découvrir les histoires de Béziers. Là, je viens de lire le livre sur "La bête de Béziers", le grand Alain Estève, c’est énorme. »
Puis il poursuit :
« Bref, tout ça pour dire qu’on veut faire un très bon premier bloc avec une attente particulière sur les comportements des mecs. »
Au cœur de son projet figure également la notion de transmission :
« Je dis souvent aux joueurs que le maillot, il n’est pas à nous, ça appartient au public. Puis je leur demande : que représente ce maillot pour toi ? On vit dans une période de réseaux sociaux, mais moi je veux savoir ce que pense vraiment le mec, je veux retrouver les valeurs du rugby, une vraie relation entre nous, staff, joueurs et bureaux. »
Un manager déjà habité par sa mission
Pour sa première expérience à la tête d’un projet sportif professionnel, Steenkamp refuse pourtant de parler de lui.
« Je m’en fous de moi. Le plus important, ce sont les joueurs, ce qu’ils veulent faire de leur public, pourquoi ils sont là. »
Même s’il reconnaît que l’approche du premier match commence à modifier ses habitudes :
« Après, forcément, l’excitation monte.
Jusqu’à maintenant, je dormais bien, je me levais à 4h30, tranquille. Maintenant, je lève vers 2h, j’ai des idées, je note sur mon cahier. J’ai le cerveau qui tourne. J’ai vraiment hâte d’être demain soir. »
Retrouver l’ADN biterrois sans vivre dans le passé
Le technicien sud-africain souhaite s’inspirer de l’héritage de l’ASBH tout en construisant une identité propre à son groupe.
« Oui, on va essayer de retrouver une grosse conquête. Je ne dis pas qu’on va avoir en une grosse tout de suite, mais on travaille pour. C’est pour ça qu’on a mis un schéma en place, une stratégie claire. On veut retrouver l’identité biterroise mais trouver la nôtre aussi. Le grand Béziers, c’est terminé. Demain soir, c’est une opportunité d’écrire notre histoire. »
Conscient de l’immense poids de l’histoire locale, il appelle à la patience :
« Ça va prendre du temps. C’est pour ça qu’on prépare vraiment ce premier bloc avec de l’humilité. Parce que je pense que pour les joueurs, il y a tellement de pression à Béziers, parce qu’ils sont toujours rappelés par l’histoire, et je comprends. Quand tu regardes l’histoire d’Estève quand il était enfant, c’est terrible, et il a réussi. Donc je m’appuie sur ça pendant la semaine pour dire aux gars qu’ils sont privilégiés, qu’ils ne sont pas contraints de faire du rugby. »
Enfin, lorsqu’il lui est demandé s’il a choisi son capitaine pour cette nouvelle saison, Gurthrö Steenkamp entretient le suspense :
« Oui. Ça va être une bonne surprise. »
Une dernière phrase qui alimente déjà les spéculations à quelques heures du coup d’envoi d’une saison qui doit marquer le début d’une nouvelle ère pour l’ASBH. Plus qu’un objectif comptable,
le manager sud-africain semble avoir fixé une mission : reconstruire des fondations solides, recréer un lien fort avec le public biterrois et redonner une identité claire à un club qui cherche à renouer durablement avec ses ambitions.