18/06/2026
[EDITO] BOUILLOIRES FRANCAISES 🥵
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Un logement sur deux en France serait désormais une bouilloire thermique. Huit Français sur dix disent souffrir de la chaleur chez eux et 22 % envisageraient même de déménager.
Les chiffres dessinent une géographie.
📍 À Lille, 70 % des logements seraient inadaptés aux fortes chaleurs.
📍 À Paris, 68 %.
📍 Dans les Côtes-d’Armor, 64 %.
📍 Dans le Pas-de-Calais, 62 %.
📍 À Nice, cette proportion tombe à 23 %.
Comme si le Sud savait depuis longtemps ce que le Nord découvre à peine : en été, l’architecture consiste moins à faire entrer la lumière qu’à empêcher le soleil d’entrer.
Depuis des années, nous rénovons pour l’hiver. Le DPE compte les kilowattheures économisés, les calories conservées et les émissions évitées. Il parle encore timidement du confort d’été. Résultat : des logements irréprochables en janvier deviennent inhabitables en juillet.
Alors vient le réflexe pavlovien : la climatisation.
Produire du froid dedans en rejetant de la chaleur dehors, parfois jusqu’à huit degrés supplémentaires dans la rue.
Avant le compresseur, pourtant, il existe deux solutions d’une désarmante simplicité :
👍 remettre des volets,
🌳 planter des arbres.
Pas les volets roulants, ces paupières métalliques qui condamnent la fenêtre dès qu’on les baisse.
Les volets niçois, les persiennes, les contrevents ajourés.
Ouverts, ils fonctionnent comme de véritables brise-soleil. Fermés, ils filtrent la lumière, laissent circuler l’air et arrêtent le rayonnement.
Une technologie éprouvée depuis deux siècles, fonctionnant sans moteur, sans fluide frigorigène et sans abonnement.
On les a supprimés au nom du coût et de l’entretien.
Comme si repeindre une persienne de bois tous les quinze ans relevait d’un sacrifice insurmontable, alors qu’un volet roulant motorisé, son coffre et ses pièces détachées venues de l’autre bout du monde seraient, eux, devenus l’incarnation de la sobriété économique.
Dans les écoles, la même logique a prévalu.
On a abattu des arbres pour ne plus ramasser les feuilles mortes et ménager les allergies.
On a déposé les persiennes pour éviter qu’un élève ne se pince les doigts ou ne se penche un peu trop au moment de les fermer.
Messieurs les promoteurs, messieurs les maîtres d’ouvrage, remettez des arbres, remettez des persiennes, remettez des volets.
Les générations précédentes avaient peut-être peu de calculs thermiques, mais elles savaient une chose essentielle :
☀️ quand le soleil cogne, le plus efficace reste encore de l’arrêter avant qu’il n’entre… NH
Sources citées : Ipsos, BVA, Bouygues Immobilier, IGNES (16 juin 2026).