Jusqu'au début du XXe siècle, le Fil Au Chinois fut en France et en Europe, l'une des plus célèbres marques de fil. Le fil Au Chinois aurait pu disparaître, s'il n'y avait eu la volonté tenace d'un industriel du Nord : Bruno Toulemonde, conscient de la petite part de patrimoine français que représente le fil Au Chinois. Pour retrouver l'esprit et la qualité des emballages qui ont fait le succès du
fil Au Chinois, ils bénéficient de la complicité de Frédérique Crestin-Billet, collectionneuse passionnée et elle-même à l'origine de la renaissance de la marque Sajou. La marque Au Chinois fut déposée, en novembre 1847, par François-Philibert Vrau qui avait fondé son entreprise à Lille une vingtaine d'années auparavant. La marque Au Chinois prendra toute sa mesure dans les années 1850, avec l'arrivée de Philibert Vrau, fils du précédent. Ce personnage peu ordinaire mena une vie hors du commun. Célibataire par choix, Philibert Vrau (1829-1905) n'eut de cesse de faire fonctionner au mieux sa société commerciale, de manière qu'elle dégage des bénéfices aussitôt réinvestis dans quantité d'œuvres sociales. Figure marquante du patronat lillois, il fut, entre autres, le principal fondateur de l'Icam, Institut catholique des arts et métiers de Lille. Pour ce qui est de la conduite de la maison Vrau, il fit preuve d'un incroyable sens des affaires. Sa réussite est exemplaire, surtout si l'on sait qu'il ne lui consacra jamais la totalité de son temps. Ce nom de fil Au Chinois date de l'époque où, en France, sévissait la mode de l'orientalisme. Cet intérêt pour l'Orient devint très populaire avec l'expédition d'Égypte conduite, en 1798, par Bonaparte (futur Napoléon). La conquête de l'Algérie par la France (1830) et,vingt-cinq ans plus t**d par l'ouverture de la Chine et du Japon ne firent que renforcer cet intérêt. La naissance de la marque Au Chinois s'inscrit exactement dans ce mouvement culturel. Et l'idée fut bonne car elle permit la création d'un personnage aisément identifiable et devenu mythique.