13/01/2022
C’est le jour J pour ThingSat ! Il doit partir à 16h25 (heure de Paris) à bord d’une Falcon 9 qui décollera depuis le site de Cap Canaveral, en Floride. Une étape cruciale pour ce projet étudiant qui n’a pas été de tout repos, pandémie oblige. Mais malgré des retards de livraison de composants dus à la pandémie, les délais de fabrication ont été respectés et ThingSat se trouve encore pour quelques heures dans la coiffe du lanceur de SpaceX.
Deuxième nano-satellite conçu au Centre Spatial Universitaire de Grenoble (CSUG) après AMICALSat dédié à l’étude des aurores boréales (en orbite depuis 2020), ce nouveau projet a un objectif très différent : « Il va tester le protocole de communication LoRa, une technologie peu énergivore qui peut opérer à très longue distance dans le cadre de l'internet des objets », explique Imane El Khantouti, cheffe du projet ThingSat au CSUG.
Cette technologie peu connue du grand public est en effet au cœur de la mission de ThingSat : « Le protocole LoRa est un réseau avec comme spécificité des objets connectés à très bas coûts. Exemple : un capteur sur chaque place de parking qui envoie l'information place libre/occupée, à un serveur », détaille Thierry Ollivier, responsable du Logiciel Embarqué chez SpaceAble. « Le LoRa est largement implémenté dans le monde entier, mais surtout avec des antennes terrestres. L'intérêt principal de ThingSat est de prouver la faisabilité de communications LoRa depuis l'espace, donc sur des distances de plus de 500 km. » En effet, ThingSat testera cette technologie depuis une altitude de 520 km.
Ce protocole de communication présente des intérêts à la fois scientifiques et commerciaux : des capteurs peuvent envoyer des données difficiles d'accès sans infrastructures coûteuses et complexes, de presque n'importe où sur la planète. « ThingSat est un projet financé par plusieurs entreprises, dont SpaceAble », complète Thierry Ollivier, qui a encadré une étudiante s’occupant du logiciel embarqué et a participé aux revues de conception des cartes électroniques. « Chaque entreprise a un besoin d'utilisation particulier, le nôtre est la communication entre satellites ».
Si ThingSat est conçu pour ne communiquer qu’avec la Terre, il ne volera pas seul : il est une charge utile invitée à bord du nano-satellite partagé STORK-1 de la start-up polonaise SatRevolution. Il s’activera une fois arrivé sur la bonne orbite pour commencer sa mission qui doit durer au minimum six mois.
« C'est mon tout premier projet spatial en plus d’être mon projet de fin d'étude qui m'a permis d'obtenir mon diplôme d'ingénieur », précise Imane El Khantouti. « Travailler dans le spatial était mon rêve de petite fille, je suis très fière d'en être arrivée là. J'ai hâte de le voir se lancer, se déployer et savoir que le fonctionnement du nano-satellite est optimal ! »
SpaceAble souhaite un lancement nominal aux universités, instituts et entreprises partenaires de ce projet, ainsi qu’une longue vie à ThingSat !