09/07/2026
Quand l'urgence attend, mais que les panneaux arrivent / 9 JUILLET 2026
Depuis bientôt six ans, nous portons ce dossier avec une conviction simple : garantir un accès sûr aux deux habitations de la Côte d'Eyroles et trouver une solution durable face à un risque devenu de plus en plus préoccupant.
Depuis six ans, les échanges se succèdent, les propositions sont formulées, les démarches engagées. Pourtant, l'essentiel demeure sans réponse : ni le désenclavement des habitations, ni la sécurisation de cet accès unique, régulièrement exposé aux colères du Bentrix et aux ruissellements des ravins environnants.
En revanche, une urgence semble avoir trouvé une réponse : celle d'installer des panneaux de signalisation.
Le paradoxe est saisissant. Alors que les questions de sécurité restent en suspens, deux panneaux ont été fixés aujourd'hui sur notre pont privé, à la suite de l'arrêté municipal n° 2026-2 du 18 janvier 2026.
Cet arrêté fait pourtant l'objet d'un recours devant le tribunal administratif. Si ce recours n'est pas suspensif, il porte précisément sur la légalité des mesures prises. Malgré cette contestation en cours, la municipalité a choisi d'intervenir sur un ouvrage privé, allant jusqu'à y réaliser des fixations pour installer cette signalisation.
Au-delà des panneaux eux-mêmes, c'est ce qu'ils représentent qui interpelle.
Lorsqu'il s'agit d'engager une réflexion globale sur la sécurité des personnes, le temps administratif semble s'étirer indéfiniment. Mais lorsqu'il s'agit d'affirmer une décision sur un bien dont le statut est précisément au cœur d'un contentieux, l'action devient soudainement rapide.
Cette différence de rythme interroge.
Depuis près de six ans, et contrairement aux rumeurs qui ont pu circuler, nous ne demandons ni privilège, ni passe-droit, ni traitement particulier. Nous demandons simplement que soit enfin pris en compte un risque identifié, avec le sérieux qu'impose la sécurité des personnes. Les épisodes climatiques sont plus intenses, les périodes d'isolement se multiplient, et l'absence d'alternative à cet accès demeure une réalité récurrente.
À mesure que les procédures se prolongent sans qu'une réponse concrète soit apportée au problème initial, une question finit naturellement par se poser : ce dossier est-il encore guidé uniquement par la recherche de l'intérêt général, ou est-il devenu le lieu d'un affrontement où les positions municipales prennent progressivement le pas sur la nécessité de construire une solution ?
Car pendant que les tensions s'installent, la réalité du terrain, elle, ne change pas. Le risque demeure. L'accès reste vulnérable. Nous restons dépendants d'un unique passage soumis aux aléas des crues.
À défaut d'avancer sur la question essentielle de la sécurité et du désenclavement, ce sont aujourd'hui des mesures visibles qui apparaissent.
Les panneaux sont arrivés. La solution, elle, se fait toujours attendre.