12/07/2023
Ils étaient 1200 environ à se rassembler à l’appel de l’Intersyndicale des papèteries de Condat ce mercredi 12 juillet.
Première réunion de ce PSE édition 2023, elle rappelle de bien tristes souvenirs puisque, dix ans auparavant, un plan social avait déjà fermé une ligne et supprimé des emplois.
Dernière papèterie en France à fabriquer du papier couché, Condat a un savoir-faire unique. Le groupe Lecta, propriétaire du site, a exporté ce savoir-faire et fabrique désormais le papier couché en Espagne ou en Italie, sous étiquette « Périgord ». Le marché pour ce type de papier existe toujours. D’autres entreprises ayant déjà fermé leurs portes, le marché peut être pris et permettrait de faire tourner la ligne 4. Depuis des mois, les salariés sont régulièrement mis en chômage partiel. Certains n’ont plus travaillé depuis des mois.
Après avoir assuré que l’entreprise ne pourrait fonctionner avec une seule ligne (il y a six mois), la Direction annonce maintenant que la situation sera viable. Destruction d’un outil de travail qui fait vivre tout le territoire, qui a fait la fierté de générations de salariés, tel est-il l’objectif du groupe Lecta ?
Les salariés, les syndicats, la population, mais aussi les élus, sont mobilisés en permanence pour tenter de faire annuler la décision de Lecta. Rencontres avec des ministres, des membres du cabinet d’Emmanuel Macron, à la Préfecture, les actions se multiplient. Sans distinctions politiques, ils se battent pour sauver les papèteries de Condat.
L’entreprise a perçu des millions d’euros d’aides de l’Etat, de la Région, du Département. N’y a-t-il aucun levier pour agir contre cette décision ? Si l’objectif du Gouvernement est de réindustrialiser la France, a-t-on déjà les moyens d’empêcher sa désindustrialisation ?
« On s’est fait berner », dit Francine Bourra, maire du Lardin Saint Lazare. Coûts fixes incontournables, papier glassine (étiquettes fabriquées par la ligne 8) non rentable et dont le soit disant marché était un leurre, la survie de Condat dépend du maintien de deux lignes de fabrication. « Si on ne se bat pas, on est mort », disent les syndicats.