02/01/2025
Guinée: «Les mêmes promesses ont été faites en 2024 et ça n’a abouti à rien» sur la fin de la transition
01/01/2025 - 14:53
Le général Mamadi Doumbouya, président de la transition en Guinée, le 31 décembre 2024, lors de son adresse à la Nation.
Le général Mamadi Doumbouya, président de la transition en Guinée, le 31 décembre 2024, lors de son adresse à la Nation. © Capture d'écran RTG
En Guinée, « l’année 2025, sera une année électorale cruciale pour parachever le retour à l’ordre constitutionnel », promesse du général Mamadi Doumbouya à la télévision nationale, lors de ses vœux à la Nation.
Le président de la transition a annoncé la reprise totale des activités politiques en vue d'élections législatives, présidentielle et communales. Il a également affirmé qu'une date pour un référendum pour l'adoption d'une nouvelle Constitution serait annoncée dans les trois prochains mois.
Alpha Kabinet Kaba, coordinateur national du Front national de défense de la transition (FNDT), est confiant après cette déclaration qu'il qualifie de « sage et noble » : « Nous ne dirons pas que la transition doit se terminer du jour au lendemain, mais je pense qu'il y a des jalons qui sont en train d'être posés pour arriver aux élections. Il y a le recensement général de la population et de l'habitant qui sont en cours. Si tout est ok, on pourra comme cela aller aux élections. »
Selon son porte-parole, le gouvernement guinéen entend maintenant « créer les conditions d'une stabilité durable », pour que « cette entreprise soit viable dans la durée ».
« La reprise des activités politiques, ce n'est pas une annonce pour nous ! »
Mais pour Souleymane Souza Konaté, le chargé de communication de la coalition politique d'opposition Alliance nationale pour l'alternance et la démocratie (Anad), les annonces de Mamadi Doumbouya, qui ne s'appuient sur aucun calendrier clair, sont des promesses « déjà entendues » et peu crédibles. « Nous disons que ce n'est pas sincère, parce qu’ils ont promis le référendum constitutionnel au mois de mars 2024, juge-t-il au micro de Liza Fabbian. Ensuite, ça a été au mois de novembre. Après, le Premier ministre s’est engagé sur le fait que ce soit au plus t**d au mois de décembre. Et ça n'a pas été le cas. Aujourd'hui, on nous parle du premier trimestre (2025). Pour nous, ça ne règle absolument pas la question ».
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Souleymane Souza Konaté : « La reprise des activités politiques, ce n'est pas une annonce pour nous ! Prendre une décision d'interdire systématiquement les manifestations politiques sur l'ensemble du territoire national, nous avons toujours dit que c'est illégal. S’ils reviennent à de meilleurs sentiments, pour nous, ça s'inscrit dans l'ordre naturel des choses. Il n'y a pas d'avancée majeure. »
Il conclut : « On attendait du général Mamadi Doumbouya qu’il nous donne un calendrier précis sur le retour à l'ordre constitutionnel, que le général Mamadi Doumbouya réitère son engagement de la prise de pouvoir du 5 septembre 2021, que ni lui ni aucun membre des organes de la transition ne peut être candidat à l'occasion des prochaines échéances électorales. Mais on n'a rien entendu de tout ça. Ce sont les mêmes promesses qui ont été tenues en 2024 et ça n’a abouti absolument à rien. »
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Mamadi Doumbouya avait pris le pouvoir le 5 septembre 2021 en renversant Alpha Condé, à la tête de la Guinée de 2010 à 2021, très contesté après sa réélection pour un troisième mandat. Les nouvelles autorités, issues du putsch, s’étaient alors engagées à un retour à l’ordre constitutionnel avant fin 2024.