27/06/2026
Lors de l'Assemblée générale du laboratoire LASTIG, à l'Université Gustave Eiffel, les 22 et 23 juin, la place de l'intelligence artificielle dans l'enseignement et la recherche a suscité de nombreuses discussions.
Cette réflexion a trouvé un écho particulier à la lecture de cet article, qui propose la création d'un label « Sans IAg » pour certaines formations universitaires (je partage le lien ci-dessous):
https://blogs.mediapart.fr/scientifiques-en-rebellion/blog/010626/proposition-de-label-sans-iag-pour-des-formations-universitaires
Pour ma part, je ne pense pas que la bonne réponse soit une interdiction totale de l'IA. En revanche, je suis convaincu que son utilisation doit être encadrée par des règles claires.
L'IA devrait être un outil au service de l'apprentissage, et non un moyen de déléguer les tâches que l'étudiant est censé réaliser lui-même.
Elle peut aider à comprendre un concept, à explorer différentes approches, à structurer une réflexion ou à accompagner l'apprentissage.
Mais, lorsqu'elle est utilisée pour répondre automatiquement à un exercice à partir d'une simple capture d'écran, générer un devoir ou contourner l'effort de réflexion pour obtenir une meilleure note, elle détourne l'objectif même de la formation.
À mes yeux, sans vouloir dire voir clair, le débat ne devrait donc pas être « avec ou sans IA », mais plutôt « comment l'utiliser de manière pertinente et responsable ? »
C'est pourquoi je pense (j'ai proposé un humble avis) que les universités et les laboratoires gagneraient à créer des référents IA. Leur rôle ne serait pas seulement d'apporter un appui technique, mais aussi d'accompagner les enseignants, les chercheurs, ingénieurs et les étudiants dans leurs usages.
Ils pourraient organiser des ateliers de sensibilisation et de partage autour de questions très concrètes :
-quelles IA utiliser selon les besoins ?
-pour quels usages sont-elles pertinentes ?
-quelles sont leurs limites ?
-quelles bonnes pratiques adopter ?
-quelles règles éthiques et académiques respecter ?
L'enjeu n'est pas seulement de savoir utiliser l'IA, mais de savoir quand l'utiliser, pourquoi l'utiliser... et quand ne pas l'utiliser.
À mon sens, développer cette culture de l'IA est aujourd'hui aussi important que l'apprentissage des compétences numériques l'a été il y a une vingtaine d'années.
Je serais ravi d'avoir vos retours : comment vous et/ou vos établissements ou vos organisations abordent-ils aujourd'hui cette question ?
NB: (Photo générée par IA)